Κυριακή 12 Ιουνίου 2022

Écoute la neige tomber, sept nouvelles de Raymond Carver, adaptation de Dimitris Katalifos et Stella Krouska, mise en scène de Dimitris Katalifos



Sept des nouvelles de cet écrivain américain de premier ordre (1938-1988) et comme il y tenait: « poète, nouvelliste et occasionnellement essayiste » sont à la base de ce spectacle qui nous a profondément touchés. En France, Sylvain Maurice avait tiré un remarquable spectacle de six nouvelles: Voisins de palierVous êtes d’accord ?, Parlez-moi d’amour, Obèse, L’Aspiration, Une petite douceur.

Pour Raymond Carver, dit Patrice Beray, nouvelles et poèmes participent de cette même alchimie et il y associe également, en substance, un souci de précision allié à une économie de moyens, le sens aigu du détail aiguisant la pointe du mystère jusqu’à saisir ce qui survient sous la surface des choses ainsi atteintes.  Raymond Carver n’a en fait jamais vraiment cessé d’écrire des poèmes et s’il y fait naturellement retour quelques années après l’écriture de Cathedral, c’est aussi parce qu’il s’agit dans son cas d’une «poésie personnelle ». Narrative, déclarative, son écriture se fonde sur un «dit» à la première personne du singulier; d’autant plus solidaire avec tout interlocuteur que la trame des poèmes est traversée par une angoisse existentielle violente (la mort, l’œuvre de destruction du temps, l’amour aussi en ce qu’il témoigne d’une séparation originelle).

Sur le plateau, un lit, une petite télé, une table, quelques chaises pour sept instantanés de la vie de gens ordinaires. Règne ici l’utile et l’agréable de la quotidienneté…Raymond Carver nous parle des relations dans le couple avec ses inévitables conflits…
Selon l’écrivain, l’amour tisse des nœuds de signification difficilement maîtrisables. Comment distinguer toutes les nuances du mot: amour ? Et quand il « finit », où va-t-il ? Les instantanés se consument en entier dans une incertitude.
Ici, l’homme et la femme sont les meneurs d’un jeu et d’un rituel. Entre bonheur et malheur, vie et mort, mariage et divorce, passé et présent, jeunesse et vieillesse…
Ici, un vieil homme vend ses meubles à de jeunes mariés.Dans la cour de sa maison, un couple heureux et ivre crie son bonheur.Une autre histoire montre une mère possessive qui change très souvent d’appartement et déménage d’une ville à l’autre. Jamais heureuse, elle se plaint à son fils et sa femme.

Après bien des années où il ne l’a pas vu, un père rencontre son fils dans un bar d’aéroport et lui confie qu’il a trompé sa femme. Un écrivain fameux cherche son inspiration en rencontrant son ex-femme qui l’a trahi et blessé.
Une femme se plaint de l’infidélité de son conjoint avec qui elle dirige un motel de dernière catégorie. Et dans la scène finale pendant une soirée, deux couples, l’un jeune et l’autre âgé, boivent, échangent des idées et se racontent des histoires, en essayant de définir le sens de l’amour.

Une mise en scène exceptionnelle avec des images qui resteront dans notre mémoire. Quatre comédiens seulement incarnent tous ces personnages et changent leur façon de s’exprimer d’un rôle à l’autre. Une des meilleures créations de cette année. A ne pas manquer !

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Studio Mavromichali, 134 rue Mavromichali, Athènes. T. : 0030 210 6453330.

Les œuvres de Raymond Carver sont  publiées en français aux Editions de l’Olivier.

https://www.youtube.com/watch?v=jz2_G7dpDtc

Σάββατο 11 Ιουνίου 2022

Le Mensonge de Florian Zeller, traduction en grec de Marialena Kotsaki, mise en scène de Kerassia Samara


Dans la rue, Alice a surpris le mari d’une de ses amies avec une autre femme et elle ne sait plus que faire: doit-elle lui dire ce qu’elle a vu ? Paul tente de la convaincre qu’elle doit absolument lui cacher la vérité. Il fait ainsi l’éloge du mensonge. Est-ce seulement pour défendre son ami ou a-t-il lui aussi des choses à cacher? Le fameux triangle mari-femme-amant du boulevard devient chez cet auteur français, une réflexion à la Pirandello sur les relations conjugales. Le mariage, une convention pour sauver les apparences mais où le mensonge règne et est presque devenu un contrat. On sait la vérité mais il ne faut jamais l’avouer, au moins il faut être d’accord qu’entre nous, on se dit des mensonges qu’on fait semblant de croire donc on est content tous les deux !
Les relations amoureuses sont aussi complexes que simples : mensonge et vérité, secret et illusion s’entremêlent pour que le cocuage soit un crime que… personne n’a commis ! « Vérités et mensonges font partie du théâtre et de ses ressorts, dit Florian Zeller. Les acteurs portent des masques. Cela m’a amusé de jouer de tous les codes conventionnels de la comédie et de les retourner. Il est savoureux de voir quelqu’un sur scène jouer les mauvais menteurs, tenter de s’en sortir, et de réaliser que tout le monde, autour de lui, lui ment. Personnellement, je ne trouve rien de plus dangereux que de vouloir toujours dire la vérité. Dans la vie, même dans les relations d’affection et de tendresse, il faut savoir ne pas tout dire. Le mensonge est même un bien s’il permet de protéger les autres. »

 La metteuse en scène crée un spectacle bien rythmé dans la cour du théâtre Alexandria, ce qui favorise la convivialité entre les personnages et crée un climat joyeux, puisque les spectateurs peuvent aussi y boire un verre.  Les acteurs, avec une gaieté et un brio remarquables, arrivent à provoquer le suspense avant que ne soit dévoilée la véritable identité des personnages et leurs motivations. Et ils soulignent toute l’ambiguïté du langage.. Bref, cette comédie de ce jeune auteur français qui a écrit treize pièces et dont le premier long métrage comme réalisateur The Father (2020) lui a valu deux Oscars l’an passé, nous fait rire et réfléchir à la fois ! 

Nektarios-Georgios Konstantinidis

 Théâtre Alexandria, 14 rue Spartis, Athènes. T. : 0030 2121007079.

 

Τρίτη 31 Μαΐου 2022

Byron, La liberté à mort, conférence-spectacle de Sylvain Tesson


À l’occasion de son dixième  anniversaire, Le Figaro-Histoire a choisi Athènes, berceau de la démocratie, pour remonter aux sources de la culture occidentale avec conférences à l’Académie d’Athènes, rencontres et spectacles. Deux journées organisées en partenariat avec la mairie d’Athènes, avec le soutien de l’Organisation Nationale du Tourisme Grec. Le premier soir, au cinéma Thissio dont la vue est magnifique, Lydia Carras a présenté l’œuvre importante d’Elliniki Etairia, une association activiste qui lutte depuis 1972 pour la protection de l’environnement, du patrimoine culturel et naturel, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Grèce. Et nous avons aussi assisté au spectacle-hommage à la Révolution grecque, au grand poète Lord Byron qui a traversé le siècle comme un météorite incarnant à la fois la liberté, la rage, l’excès du romantisme.

En 1824, il accoste à Missolonghi pour contribuer à sauver la liberté et la culture du peuple grec. Il sait bien le danger qu’il court mais relativise l’idée même de sa propre mort. En remettant au goût du jour une notion ancestrale: il faut être joyeux d’avoir vécu, au moment de quitter ce monde. Une résolution ultime du poète: retrouver, après les mots, une forme de romantisme sur le terrain et ses textes ont pour thèmes: mémoire, courage, amitié et mort… des thème qui sont aussi à l’amorce des réflexions de Sylvain Tesson sur le philhellénisme et sur la forme qu’il pourrait prendre aujourd’hui.

William Mesguich interprète de façon émouvante des extraits choisis par Sylvain Tesson : sur scène, ils alternent narration et dialogue et ont ému un public à la fois français et grec. Nous entendons aussi la parole de Victor Hugo qui, dans Les Orientales, peint quatre siècles en un vers : « Le Turc a passé là, tout est ruine et deuil. » Ce frottement entre le XIXème et le XXIème siècle, est aussi une confrontation de langage et de formes d’écriture. Et spectaculaire au sens où le personnage lui-même de Byron appelle un tourbillon de panache et de poésie,

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Conférence-spectacle donnée le 27 mai au Ciné Thissio, 7 Apostolou Pavlou, Athènes.

Δευτέρα 30 Μαΐου 2022

Antigone de Sophocle par le Théâtre Démodocos, traduction et mise en scène de Philippe Brunet



Cette compagnie de théâtre antique, qui porte le nom de l’aède aveugle dans L’Odyssée, a été créée par Philippe Brunet en 1995 pour dire et jouer l’épopée d’Homère et interpréter la musique grecque ancienne. Il est l’auteur d’une thèse de doctorat sur Le vers dactylique lyrique dans la tragédie grecque. En 2005-2007, la compagnie a dit à trois reprises toute L’Iliade. Puis a lancé, avec la Sorbonne le festival des Dionysies en 2006 et chaque année, fait battre le cœur de Paris au rythme de grandes œuvres de l’Antiquité. Elle joue Antigone depuis 2005 mais Philippe Brunet en a modifié la mise en scène, comme l’a suggéré de Yoshi Oida, le grand acteur de Peter Brook. Antigone avec Œdipe roi est le chef-d’œuvre de Sophocle qui a créé cette héroïne féminine symbolisant la supériorité des lois non écrites sur les lois écrites. Autrefois, le Groupe de Théâtre Antique de la Sorbonne, fondé entre autres par Roland Barthes, a recréé en mai 1936 Les Perses d’Eschyle dans la cour de la Sorbonne, puis à Épidaure (Grèce), Vaison-la-Romaine, Parme, etc.  avec personnages demi-masqués et douze choreutes. Aujourd’hui, la troupe Démodocos  lui a, en quelque sorte, succédé.

Le spectacle (en français avec quelques répliques en grec ancien) qui nous a profondément touchés ; s’est joué le site de la Pnyx où on a une vue magnifique sur l’Acropole et le mont Lycabette. Sur cette colline, les citoyens débattaient des questions essentielles à la vie de la Cité. Philippe Brunet qui a mis en scène Henri de Sabates (Ismène, Le Garde, Tirésias et Eurydice), Philippe Brunet (Antigone et Hémon) et Nicolas Lakshmanan (Créon, Le Messager) respecte la règle des trois acteurs masqués, telle qu’Aristote l’avait énoncée dans sa Poétique en attribuant à Sophocle, l’introduction d’un troisième acteur. Le Chœur est masqué lui aussi: Maël Bailly à la flûte, François Cam, le compositeur (à la lyre) et Yannis Cleret. Avec un double travail de chant rythmé en grec et de prosodie en français. A cette scansion assortie d’une création musicale selon les règles harmoniques retrouvées par les musicographes de l’Antiquité comme François Cam, s’ajoute un travail de chorégraphie expérimenté au fil des ans. Le battement des pieds rythme le vers antique : l’anapeste: trois syllabes avec deux brèves suivies d’une longue, le dactyle avec une longue et deux brèves…

«Être contemporain pour les personnages d’Antigone dit Philippe Brunet, ce n’est pas rejoindre l’actualité culturelle et la revendication strictement politique (l’erreur de Créon), mais prendre conscience des structures religieuses fondant le cosmos, et des personnages mythiques. Mettre en scène Antigone, c’est aussi faire parler le grec ancien, langue de mémoire, fondamentale, non pas élitiste et bourgeoise, mais trans-communautaire, et qui doit être mise à la portée de tous, à travers le rythme du français, dans un échange prosodique infini.
Faire entendre le grec ancien, ce n’est pas chercher à imiter ou à reconstituer une pièce selon une démarche académique fondée sur une prétendue archéologie mais essayer de réintroduire le rituel fondateur de l’acte théâtral. Avec loyauté et sans référence existante dans l’absolu.
Le théâtre devient alors nomade sur la route de la Soie qui a conduit les masques grecs jusqu’au Japon et à Bali. En revenant de l’Extrême-Orient, on peut réapprendre à associer rythme de la parole et rythme des pas, en recréant cette machine vivante de théâtre proche de la marionnette qu’est l’acteur masqué. »

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Spectacle vu le 28 mai sur le site de la Pnyx, aux Journées athéniennes, en partenariat avec Le Figaro Histoire, la Mairie et l’Académie d’Athènes.

Τετάρτη 25 Μαΐου 2022

Une Femme sans importance d’Oscar Wilde, traduction de Suzanne Houlia, mise en scène de Kostis Kapelonis

 Cet écrivain irlandais né à Dublin en 1854, et mort à Paris dans la misère en 1900, incarne le mouvement esthétique décadent de la fin du XIX ème siècle. Les pièces de ce grand dramaturge tenant de l’art pour l’art, amateur de paradoxes, fasciné par le masque et l’ambiguïté, eurent un grand succès. La médisance et l’esprit le plus brillant s’y donnent libre cours. Ici, Oscar Wilde se livre à une satire de la haute société londonienne,  en suggérant discrètement à ces aristocrates au moralisme superficiel mais sévère, la valeur de l’indulgence et du pardon.

©Χρήστος Συριώτης,

©Χρήστος Συριώτης,

Dans Une Femme sans importance (1894), le charismatique et charmant gentleman Lord Illingworth a offert un poste de secrétaire à Gerald Arbuthnot dont Mrs Alburthnot, sa mère réalise que ce Lord Illingworth est le père de Gerald. Elle avait eu une aventure avec lui vingt ans auparavant, était tombée enceinte et l’a élevé seule son enfant. Elle avait en effet refusé d’épouser son amant et était donc à l’époque une femme déchue…
Le fils découvre le passé de sa mère et essayera de tuer Lord Illingworth qui avait embrassé la belle Hester Worsley dont il est amoureux. À la fin, Hester Gerald et Mrs Alburthnot quitteront l’Angleterre pour l’Amérique où ils espèrent vivre dans une société qui ne juge pas les femmes aussi sévèrement.

 Dans une réalisation simple, Kostis Kapelonis souligne le cynisme, le côté mélo mais aussi le comique et l’esprit satirique de cette pièce que les costumes accentuent encore. Les acteurs de la compagnie Synthiki mettent leur jeu au service d’une lisibilité de l’action. Nous avons clairement entendu le message d’une œuvre rarement montée en Grèce, et c’est l’essentiel.

 Nektarios-Georgios Konstantinidis

 Théâtre Technis, Karolos Koun, 5 rue Pesmazoglou, Athènes. T. : 00302103228706.

Δευτέρα 23 Μαΐου 2022

Hariklia Cavafy, texte et mise en scène de Koraïs Damatis


Nous sommes en 1899. Dans un monologue lyrique et plein de tendresse, la mère du grand poète grec Constantin Cavafy (1863-1933) se livre à un bilan mélancolique -elle a soixante-cinq ans et c’est le dernier jour de sa vie- dans son appartement, rue Ramliou à Alexandrie (Egypte). Constantin est le dernier des neuf enfants de Petros Cavafy, un négociant en import-export de textiles et de Hariklia Photiadis, la fille d’un diamantaire. Originaires de Constantinople ils s’étaient installés à Alexandrie. Petros décède en 1870 et la famille s’installe alors en Grande-Bretagne. Cela marquera profondément Constantin et ses écrits montrent une grande familiarité avec la tradition poétique anglaise.  Comme  le dit Marguerite Yourcenar dans la préface de sa traduction de ses poèmes :« C’est aussi l’un des plus grands, le plus subtil en tout cas, le plus neuf peut-être, le plus nourri pourtant de l’inépuisable substance du passé. »

Hariklia parle beaucoup de ses neuf enfants et, avec force détails, raconte les difficultés qu’elle a eues pour les élever. Cette famille ruinée reviendra vers 1879 à Alexandrie, puis, anticipant les émeutes de 1882 qui allaient précipiter la guerre anglo-égyptienne, se réfugie à Constantinople. Et plus tard,  de nouveau à Alexandrie. Hariklia parle plusieurs fois de son unique fille unique qui est morte. Elle se souvient aussi de son attitude étrange à faire porter des habits féminins au petit Constantin et parle, avec une angoisse discrète, de ses premières relations homosexuelles. Et ici, la relation mère-fils est dessinée avec une écriture poétique et de fortes images.

Dans un décor-collage de photos et poèmes, Aspassia Kralli, cette grande actrice, connue pour son «théâtre du silence» et des spectacles de mime, excelle à incarner cette mère avec une sincérité et une douceur qui nous touche profondément. Elle nous invite à penser nos nôtres et à tous les sacrifices qu’elles ont faits pour nous rendre heureux…

 Nektarios-Georgios Konstantinidis

 Théâtre Vault, 26 rue Melenikou, Athènes, T. : 00302130356472.

Παρασκευή 20 Μαΐου 2022

Campagne de Mihalis Virvidakis, mise en scène de Georges Skevas

 


Ce metteur en scène et auteur dramatique a suivi l’école de Pelos Katselis à Athènes et a débuté comme acteur et assistant à la mise en scène. En 1991, il crée sa compagnie Mnimi et dix ans plus tard, s’installa à La Canée en Crète, où il fonda un atelier d’art et jeu dramatiques. Avec les comédiens qui y sont formés, il mène des recherches scéniques et au Kydonia, lieu permanent de sa compagnie depuis 2002, il monte des textes de Samuel Beckett, Harold Pinter, David Mamet, Thomas Bernhard, Jon Fosse, Peter Handke, Lars Norén… Il a écrit La Lune et la Lire, primé au concours annuel 197 d’écriture dramatique des jeunes auteurs en 1987, Phares allumés sur la nationale, une pièce créée dix ans plus tard au théâtre de Lefteris Voyatzis en 1997 et qui a été élue meilleure pièce grecque à la Bonner Biennale en 1998 et De Natura.



Cette quatrième pièce sous-titrée Une Histoire de Noël  est une allégorie poétique en quinze tableaux et deux actes sur la notion d’identité nationale, les problèmes de corruption, les injustices, hypocrisies et mensonges des politiciens, la crédulité et les superstitions du peuple, les impasses et vérités enterrées de notre société… Dans cette histoire dite policière à la théâtralité de haut niveau, , l’écrivain nous livre ses réflexions socio-politiques et ses angoisses sur l’avenir de la Grèce. Avec sept personnages aux scènes en mosaïque-miroir dans un microcosme villageois, loin de grands centres cosmopolites luxueux. Mais cela peut aussi se passer là n’importe où victimes et bourreaux s’entrecroisent avec des les limites peu discernables entre eux…

Trois jeunes d’un village, le fils d’un député, celui d’un pope qui bégaie et un rebelle qui se déclare anarchiste, vont préparer le cambriolage d’une banque. Chacun a ses raisons, le premier veut se venger d’un père autoritaire et hypocrite, l’autre pour acquérir le respect de ses amis et le dernier pour défendre une idéologie contestataire.

L’écriture scénique de Georges Skevas est d’une clarté et d’un réalisme qui traduit bien l’esprit du texte. L’éclairage occupe ici une place-clé en définissant les changements d’espace et en reflétant les arrières-pensées des personnages. Les comédiens créent des personnages complexes au corps agile et oscillent entre le dramatique et le comique. Nous avons de bons dramaturges en Grèce et en sommes fiers ! 

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Théâtre de la rue Cyclades-Lefteris Voyatzis, 11 rue Cyclades, Athènes. T. : 00302108217877